Comme nous l’apprend Le Monde du 14 novembre, la société Ubisoft s’est payée le luxe de deux sortie mondiale le 15 du même mois. En effet, Rayman contre les lapins encore plus crétins et Assassin’s Creed sont parmis les jeux vidéos les plus attendus de cette fin d’année, ce qui est un véritable exploit pour cette société bretonne sur ce marché dominé par les trois géants américains Electronic Arts, Activision et THQ.
Déjà, le premier opus mettant en scène ces lapins complètement déjantés a été, selon l’éditeur, l’une des trois meilleures ventes de ce début d’année sur la Wii. A l’origine de ce succès, un véritable pari des dirigeants d’Ubisoft qui n’ont pas hésité à mettre leur héro, Rayman, au second plan dans ce jeu. De plus, Assassin’s Creed, développé par la filiale québecoise pour la Xbox 360 et la PS3 est l’un des jeux sur lequel compte Microsoft et Sony pour faire décoller les ventes de leurs consoles respectives pour les fêtes de fin d’année.
Mais quel est le secret de ce succès ? Ubisoft, qui dispose d’une filiale à Montréal et à Québec, et qui a fait 680 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006 (pour 40 millions de résultat net), a été fondé en 1986 par cinq frères bretons, les Guillemot. C’est un des très rares éditeurs hexagonaux encore capable de se payer des sorties mondiales de cette envergure. (Assassin’s Creed a nécessité quatre ans de travail pour un budget d’environ 25 millions d’euros, dont 10 pour la promotion). En effet, la plupart des éditeurs incarnant la « french touch » dans ce domaine (Cryo, Titus Interactive ou Kalisto), ont disparu suite à l’éclatement de la bulle Internet ou à cause de la force de l’euro face au dollar. Parmi les gros éditeurs, seuls ont survécu Vivendi Games, filiale de Vivendi, qui profite du succès de son jeu en réseau World of Warcaft (9,5 millions de joueurs) et Infogrames.
Pour assurer la pérennité de leur entreprise, les frère Guillemot ont choisi d’intégrer complètement le développement de leurs jeux, quitte à faire des mauvais jeux au début de l’entreprise, mais en permettant à leurs développeurs de devenir plus expérimentés. Mais cette stratégie s’est avérée payante à terme car maintenant la société est capable de sortir plusieurs titres de qualités au même moment, ce qui s’avère être fondamental sur le marché actuel.
Seule la présence d’Electronic Arts dans le capital d’Ubisoft semble aujourd’hui pouvoir mettre en danger les frères Guillemot à l’heure actuelle. Cette société est donc un parfait exemple de réussite bretonne et j’attend avec impatience le troisième volume mettant en scène des lapins toujours plus déjantés !