La rupture par le verbe

Par Jocelyn Dequé

Le président français Nicolas Sarkozy, pourtant adepte de l’utilisation des médias (et même du Net), s’est fait prendre au piège au salon de l’agriculture, à Paris. Ainsi, ce salon a été l’occasion d’un discours sur l’avenir de la ruralité (assez bon au demeurant) et d’une réplique cinglante : “Casse-toi pauvre con”. Cette réplique est évidemment du pain béni pour le Web et a immédiatement provoqué un buzz énorme.

C’est à l’origine le Parisien.fr qui diffuse la vidéo de « la discussion », la vidéo est alors regardée par trois millions de personnes, et 800 000 sur les sites de partage de vidéos (Youtube, Dailymotion,…). Cette séquence a été tournée par un collectif de pigistes, YouPress, qui a vu son audience, jusque là confidentielle, multipliée par 30 !!

Mais ce qui a aussi alimenté le buzz, c’est le dépôt de noms de domaine sur nom-domaine.fr. Le premier, cassetoipauvrecon.fr, aurait été déposé le 24 février. S’en est suivi une foule de dépôts sous des formes diverses, le Casse-toi-pauvre-con.com a même été mis aux enchères sur eBay et sa cote atteint déjà 1 200€ !

Les blogs aussi s’y mettent, ainsi que la presse nationale : Europe 1 aurait même acheté les mots clés « pauvre con » et « casse-toi » sur Google Adwords pour améliorer son trafic.

Même si les hommes politiques ont compris l’intérêt du bouche à oreille bien avant l’avènement des TIC, cet exemple nous montre que même la personnalité la plus soucieuse de son image médiatique peut laisser échapper sa communication.

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