Le président français Nicolas Sarkozy, pourtant adepte de l’utilisation des médias (et même du Net), s’est fait prendre au piège au salon de l’agriculture, à Paris. Ainsi, ce salon a été l’occasion d’un discours sur l’avenir de la ruralité (assez bon au demeurant) et d’une réplique cinglante : “Casse-toi pauvre con”. Cette réplique est évidemment du pain béni pour le Web et a immédiatement provoqué un buzz énorme.
C’est à l’origine le Parisien.fr qui diffuse la vidéo de « la discussion », la vidéo est alors regardée par trois millions de personnes, et 800 000 sur les sites de partage de vidéos (Youtube, Dailymotion,…). Cette séquence a été tournée par un collectif de pigistes, YouPress, qui a vu son audience, jusque là confidentielle, multipliée par 30 !!
Mais ce qui a aussi alimenté le buzz, c’est le dépôt de noms de domaine sur nom-domaine.fr. Le premier, cassetoipauvrecon.fr, aurait été déposé le 24 février. S’en est suivi une foule de dépôts sous des formes diverses, le Casse-toi-pauvre-con.com a même été mis aux enchères sur eBay et sa cote atteint déjà 1 200€ !
Les blogs aussi s’y mettent, ainsi que la presse nationale : Europe 1 aurait même acheté les mots clés « pauvre con » et « casse-toi » sur Google Adwords pour améliorer son trafic.
Même si les hommes politiques ont compris l’intérêt du bouche à oreille bien avant l’avènement des TIC, cet exemple nous montre que même la personnalité la plus soucieuse de son image médiatique peut laisser échapper sa communication.
Les français l’ont réalisé lors de la dernière élection présidentielle: le net est devenu un vecteur de communication de tout premier ordre pour les hommes (et femmes) politiques. Nous avons encore tous en mémoire la forte présence de l’UMP sur la toile durant le premier semestre 2007, alors même que le réseau des blogers (de plus en plus puissant) était majoritairement acquis à la cause de la diva socialiste. En effet, la plupart des mots clés liés à la campagne, y compris ceux corrélés à des valeurs de gauche dans l’esprit des gens, ont subi une vrai OPA de la part de la majorité et la NSTV (Nicolas Sarkozy TV, disponible sur le site internet du parti) a été un vecteur efficace de valorisation du programme électoral de la droite.
Or, l’actualité politique américaine nous donne un exemple pour le moins intéressant de l’utilisation du web pour se faire un nom. En effet, celui qui tire son épingle du jeu dans cette cybercampagne est sans aucun doute le démocrate Barack Obama et la meilleure preuve est le site http://www.youbama.com/popular/, une imitation de Youtube qui recense toutes les vidéos à la gloire de l’américano-keynian et notamment la plus célèbre: “Yes we can”. Ce clip, visionné 9 millions de fois, à été tourné à l’initiative de personnalités du monde du spectacle en reprenant des paroles de meeting.
Quoi qu’il en soit, l’homme qui pourrait coiffer Hilary Clinton sur le poteau (elle qui est candidate plus ou moins assumée depuis le départ de son mari de la maison blanche), est en train de faire un sacré buzz sur le web, nous verrons bien où cela va le mener.